Spectacle 2019 Arbres

L’Homme qui plantait des arbres est un court récit de Jean Giono (temps de lecture : 30 minutes). C’est la réponse que l’auteur apporta en 1954 à une commande du magazine américain The Reader’s Digest pour sa série Le personnage le plus inoubliable que j’ai rencontré. Son héros planteur d’arbres, Elzéard Boufffier, y donne une généreuse leçon : il faut œuvrer seul et en silence au bonheur des hommes. Accepté d’abord avec enthousiasme, le texte fut ensuite rejeté par la rédaction du magazine au prétexte que son auteur était un imposteur : après enquête, les journalistes n’avaient trouvé nulle trace d’Elzéard Bouffier ! Jean Giono s’amusa de cette situation cocasse : comment pouvait-on être assez sot pour oublier qu’un écrivain déborde d’invention et que les personnages sortent naturellement de son imagination  ? Le texte fut finalement publié sous le titre anglais fort explicite L’Homme qui plantait l’espoir et faisait pousser le bonheur puis, traduit dans toutes les langues du monde, il connut un immense succès auprès de la jeunesse. Jean Giono déclarait en 1957 : « C’est un de mes textes dont je suis le plus fier. Je crois qu’il est temps qu’on fasse une politique de l’arbre, bien que le mot politique me semble bien mal adapté. » Plus de soixante ans ont passé depuis la publication de ce manifeste écologique ! Il est urgent de suivre l’exemple admirable d’Elzéard Bouffier.

 Acte I

Acte 1 - Le village abandonné

1913 - Il y a bien des années, je faisais une longue course à pied, sur des hauteurs absolument inconnues des touristes, dans cette très vieille région des Alpes qui pénètre en Provence. C’était, au moment où j’entrepris ma longue promenade dans ces déserts, des landes nues et monotones, vers 1200 ou 1300 mètres d’altitude. Il n’y poussait que des lavandes sauvages. Je traversais ce pays dans sa plus grande largeur et, après trois jours de marche, je me trouvais dans une désolation sans exemple. Je campais à côté d’un squelette de village abandonné. Je n’avais plus d’eau depuis la veille et il me fallait en trouver. Ces maisons agglomérées, quoique en ruine, comme un vieux nid de guêpes, me firent penser qu’il avait dû y avoir là, dans le temps, une fontaine ou un puits. Il y avait bien une fontaine, mais sèche. Les cinq à six maisons, sans toiture, rongées de vent et de pluie, la petite chapelle au clocher écroulé, étaient rangées comme le sont les maisons et les chapelles dans les villages vivants, mais toute vie avait disparu. C’était un beau jour de juin avec grand soleil, mais, sur ces terres sans abri et hautes dans le ciel, le vent soufflait avec une brutalité insupportable. Ses grondements dans les carcasses des maisons étaient ceux d’un fauve dérangé dans son repas. Il me fallut lever le camp.

 Acte II

Acte 2 - Les collines arides

À cinq heures de marche de là, je n’avais toujours pas trouvé d’eau et rien ne pouvait me donner l’espoir d’en trouver. C’était partout la même sécheresse, les mêmes herbes ligneuses. Il me sembla apercevoir dans le lointain une petite silhouette noire, debout. Je la pris pour le tronc d’un arbre solitaire. A tout hasard, je me dirigeai vers elle. C’était un berger. Une trentaine de moutons couchés sur la terre brûlante se reposaient près de lui. Il me fit boire à sa gourde [...] et il m’invita à l’accompagner si je n’avais rien de mieux a faire. Il allait à deux cents mètres de là, sur la hauteur. Arrivé à l’endroit où il désirait aller, il se mit à planter sa tringle de fer dans la terre. Il faisait ainsi un trou dans lequel il mettait un gland, puis il rebouchait le trou. Il plantait des chênes [...]. Depuis trois ans il plantait des arbres dans cette solitude. Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille étaient sortis. Sur ces vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu’il y a d’impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n’y avait rien auparavant.

 Acte III

Acte 3 - Renaissance de la nature

Sorti de la guerre, je me trouvais à la tête d’une prime de démobilisation ridicule mais avec le grand désir de respirer un peu d’air pur. C’est sans idée préconçue, sauf celle-là, que je repris le chemin de ces contrées désertes. Le pays n’avait pas changé. Toutefois, au-delà du village mort, j’aperçus dans le lointain une sorte de brouillard gris qui recouvrait les hauteurs comme un tapis. Depuis la veille, je m’étais remis à penser à ce berger planteur d’arbres. “Dix mille chênes, me disais-je, occupent vraiment un très large espace”. [...] Il avait changé de métier. Il ne possédait plus que quatre brebis mais, par contre, une centaine de ruches. Il s’était débarrassé des moutons qui mettaient en péril ses plantations d’arbres. Il ne s’était pas du tout soucié de la guerre. Il avait imperturbablement continué à planter. Les chênes de 1910 avaient alors dix ans et étaient plus hauts que moi et que lui. Le spectacle était impressionnant. J’étais littéralement privé de parole et, comme lui ne parlait pas, nous passâmes tout le jour en silence à nous promener dans sa forêt [...]. Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l’âme de cet homme, sans moyens techniques, on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d’autres domaines que la destruction. [...] En 1933, il reçut la visite d’un garde forestier éberlué. Ce fonctionnaire lui intima l’ordre de ne pas faire de feu dehors, de peur de mettre en danger la croissance de cette forêt naturelle. C’était la première fois, lui dit cet homme naïf, qu’on voyait une forêt pousser toute seule […]. En 1935, une véritable délégation administrative vint examiner la forêt naturelle. Il y avait un grand personnage des Eaux et Forêts, un député, des techniciens. On prononça beaucoup de paroles inutiles. On décida de faire quelque chose et, heureusement, on ne fit rien, sinon la seule chose utile : mettre la forêt sous la sauvegarde de l'État et interdire qu’on vienne y charbonner.

 Acte IV

Acte 4 - Retour à la vie

J’ai vu Elzéard Bouffier pour la dernière fois en juin 1945. Il avait alors quatre-vingt-sept ans. J’avais donc repris la route du désert, mais maintenant, malgré le délabrement dans lequel la guerre avait laissé le pays, il y avait un car qui faisait le service entre la vallée de la Durance et la montagne. Je mis sur le compte de ce moyen de transport relativement rapide le fait que je ne reconnaissais plus les lieux de mes dernières promenades. J’eus besoin d’un nom de village pour conclure que j’étais bien cependant dans cette région jadis en ruine et désolée. Le car me débarqua à Vergons. [...] Vergons portait les traces d’un travail pour l’entreprise duquel l’espoir était nécessaire. L’espoir était donc revenu. On avait déblayé les ruines, abattu les pans de murs délabrés [...]. Les maisons neuves, crépies de frais, étaient entourées de jardins potagers où poussaient, mélangés mais alignés, les légumes et les fleurs, les choux et les rosiers, les poireaux et les gueules-de-loup, les céleris et les anémones. C’était désormais un endroit où l’on avait envie d’habiter. [...] Sur l’emplacement des ruines que j’avais vues en 1913, s’élèvent maintenant des fermes propres, bien crépies, qui dénotent une vie heureuse et confortable. Les vieilles sources, alimentées par les pluies et les neiges que retiennent les forêts, se sont remis à couler. [...] À côté de chaque ferme, dans des bosquets d’érables, les bassins des fontaines débordent sur des tapis de menthes fraîches. Les villages se sont reconstruits peu à peu. Une population venue des plaines où la terre se vend cher s’est fixée dans le pays, y apportant de la jeunesse, du mouvement, de l’esprit d’aventure. On rencontre dans les chemins des hommes et des femmes bien nourris, des garçons et des filles qui savent rire et ont repris goût aux fêtes campagnardes. Si on compte l’ancienne population, méconnaissable depuis qu’elle vit avec douceur et les nouveaux venus, plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier. 

 Affiche

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 Programme 

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 Revue de presse

Le Maine Libre - Un gala de danse tendance écolo à Coppélia Les élèves de Solange Garreau Le Fort s'apprêtent à présenter un gala inspiré de l'œuvre de Giono, L'homme qui plantait des arbres. Projet qui a fait naître plusieurs initiatives.

Ce projet, Solange Garreau Le Fort l’avait en tête « depuis très longtemps ». Adapter l’œuvre de Jean Giono, L’homme qui plantait des arbres. « Un choix de thème assez écologique. Dans l’air du temps. Le livre m’a inspiré. Tout comme son adaptation dans un film d’animation réalisé au Canada ». Film réalisé par Frédéric Back.

« À un moment on reprend l’histoire, et on se dit pourquoi pas. »
Si la professeur de danse a attendu toutes ces années pour mettre sur pied ce projet, « c’est parce que je n’étais pas prête. Je ne voyais pas comment le mettre en scène. C’est très étrange le choix d’un sujet. L’an dernier, on a fait Toutânkhamon. Rien à voir. Et à un moment on reprend l’histoire, et on se dit pourquoi pas ». Pour monter ce gala, « on s’est documentés. Quand on va dans le village de Banon, où se situe l’histoire, on voit que la commune a fait une réalité de ce personnage d’Elzéard Bouffier, alors que c’est un personnage imaginaire. Ce qui m’a intéressé, c’est cette abnégation. Cet espoir. Le fait qu'il ne travaille pas pour lui, mais qu’il plante des arbres pour les générations suivantes. »

Exposition et animations
Vendredi, samedi et dimanche, près de 400 élèves des cours de La Flèche, Montval et Baugé vont présenter ce gala de fin d’année à la Salle Coppélia. Gala que Solange prépare depuis près de quatre mois. Et qui a donné lieu à de nombreuses initiatives en lien avec l’écologie, la nature. « Le thème a mobilisé. Plein d’idées ont fusé de la part des élèves». La première sera de reverser 1 € par entrée vendue au Centre Permanent d’Initiatives pour l’Environnement en Vallées de la Sarthe et du Loir. « Avec l’idée qu’ils interviennent auprès de classes de primaire lors d’une balade en forêt. » Dans le hall de la Salle Coppélia, décorée par La Ronde des Fleurs, les spectateurs pourront échanger avec Jacques Saivet, apiculteur amateur, ou découvrir une exposition d’une élève, une mise en scène de luminaires en lien avec le développement durable, des photos de Brigitte Cachan, spécialiste de la macro-photo, des clichés de tableaux d’une illustratrice spécialisée dans les batraciens et les serpents, « et il y aura un bar bio ».

Un olivier baptisé La Choréïa
Une élève proposera enfin des pousses de chêne. Un olivier aussi sera exposé dans le hall. « Il sera planté la semaine suivante dans le jardin de l’Espace Danse, rue des Gravaux. On va l’appeler La Choréïa ». Du nom de l’association qui organise le gala.

Article rédigé par Jean-Christophe Couderc pour Le Maine Libre en date du jeudi 27 juin 2019

Ouest France - L'écologie sur les planches de Coppélia Pour son spectacle de danse annuel, la professeure de danse a misé sur Jean Giono et l’écologie. 400 élèves seront sur scène..

L’écologie, sujet d’actualité
Après avoir réalisé son spectacle de l’an dernier sur Toutânkhamon, la thématique de cette année portera sur l’écologie. « Un sujet ô combien d’actualité », indique Solange Garreau Le Fort, la professeur de danse en charge du spectacle. Il s'agira d’une adaptation de L’homme qui plantait des arbres de Jean Giono. En marge du spectacle, mais toujours en lien avec l’écologie, des stands, une exposition ainsi qu’une décoration florale empliront le hall de la salle. « Nous avons discuté de ce qui pouvait être réalisé avec les élèves et ils ont fourmillé d’idées », explique Solange Garreau Le Fort. Ainsi, Jacques Saivet, apiculteur, entreposera une ruche et effectuera une animation. « Il y a aussi une élève, très douée en art plastique, qui a mis en scène des luminaires qui, de prime abord, sont très jolis. Mais en se rapprochant, on peut s’apercevoir qu’ils sont constitués de ce qu'il y a de plus désastreux dans l’humanité, avec du plastique, par exemple. » Une autre élève, qui possède de nombreuses pousses de chênes dans son jardin, en distribuera à ceux souhaitant en planter un dans leur jardin ou ailleurs.

Article rédigé par A.LN pour Ouest France en date du jeudi 27 juin 2019

Spectacles des années passées